" Où maintenant? Quand maintenant? Qui maintenant? Sans me le demander. Dire je. Sans le penser. Appeler cela des questions, des hypothèses. Aller de l’avant, appeler ça aller, appeler ça de l’avant. Se peut-il qu’un jour, premier pas va, j’y sois simplement resté, où, au lieu de sortir, selon une vieille habitude, passer jour et nuit aussi loin que possible de chez moi, ce n’était pas loin. Cela a pu commencer ainsi. Je ne me poserai plus de question. On croit seulement se reposer, afin de mieux agir par la suite, ou sans arrière-pensée, et voilà qu’en très peu de temps on est dans l’impossibilité de ne plus jamais rien faire. Peu importe comment cela s’est produit. Cela, dire cela, sans savoir quoi."
Samuel Beckett, L’innommable, Ed. de minuit, incipit
jeudi 31 mai 2007
mercredi 30 mai 2007
Le ciré noir
Elle a seize ans. Elle est placée dans les premiers rangs. Elle écoute disserter distraitement une professeure de français. Brusquement elle se lève, range tranquillement ses affaires dans son sac. Un silence tendu s'installe dans la classe. Sans un mot, sans un regard pour quiconque, elle enfile son vêtement, sort en claquant la porte derrière elle. Elle dévale les escaliers, se retrouve devant la grille fermée du lycée. Elle jette son sac, escalade la grille et saute de l'autre côté. Elle se dirige vers un café, s'assoit à une table. Enlève son ciré noir et le regarde, éberluée…
lundi 28 mai 2007
Art et poésie
J'ai découvert Elisabeth Braure lors d'une exposition collective dans une galerie. C'est une artiste atypique. Je suis entrée dans une petite salle noire, me suis installée sur un banc et là je devais actionner une manette pour mettre en route l'installation. Sur une corde qui commence à tournoyer au milieu de la salle, un dessin projeté apparaît ; en même temps une autre image d'un cycliste chemine sur les parois de la salle autour de moi. Mais Elisabeth Braure écrit aussi avec la lumière. Une boîte noire percée de trous avec une petite ampoule à l'intérieur projette des mots sur les murs. J'essaie de les attraper. Ils arrivent dans tous les sens, se mêlent, s'entremêlent :
"ça fait comme un bruit d'ailes
comme un bruit de plumes
de feuilles
de cendres
des voix…"
Oui, ce sont des phrases de Beckett, qu'Elisabeth Braure a prélevées. Une bonne introduction pour se diriger ensuite vers l'exposition Samuel Beckett au centre Pompidou.
"ça fait comme un bruit d'ailes
comme un bruit de plumes
de feuilles
de cendres
des voix…"
Oui, ce sont des phrases de Beckett, qu'Elisabeth Braure a prélevées. Une bonne introduction pour se diriger ensuite vers l'exposition Samuel Beckett au centre Pompidou.
dimanche 27 mai 2007
Explication de texte…
« Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » Corneille, Polyeucte, acte I
Ceci s'est transformé sur France-Culture aujourd'hui par : "Le désir s'accroît quand les fesses reculent". Dois-je avouer que j'ai éclaté de rire ?
Ceci s'est transformé sur France-Culture aujourd'hui par : "Le désir s'accroît quand les fesses reculent". Dois-je avouer que j'ai éclaté de rire ?
samedi 26 mai 2007
"La transe des mots"
J'ai eu la chance d'écouter ce road-movie poétique et musical à la Maison de la Poésie. Frédérique Bruyas, comédienne et lectrice nous a lu d'une manière extraordinaire, divers poètes contemporains (Jacques Rebotier, Jacques Roubaud, Jack Kerouac, Gherasim Luca, Ernst Herbeck, Christophe Tarkos, Roberto Juarroz et Victor Hugo ) accompagnée par Pierrejean Gaucher à la guitare électrique. Une manière de redécouvrir la poésie.
Un avant-goût avec un extrait de Jacques Rebotier :
LA MUSIQUE ADOUCIT LES SONS
Songes
illusions
tromper les oreilles, qui n'ont pas de paupières
la musique ment
La musique marchande le sable et sème nos illusions
(chanté) mm mm. mm mm.
musique
légitime défonce
drogue rousse
(chanté) la mu-sique a-dou-cit les sons...
il y a bien du plaisir à graindre le mou
la musique mon vieux tu comprends c'est une ascèse une assez longue ascèse une longue ascèse,
une ascèse longue
voulez-vous bien baisser le son, petit insolent !
doucement la musique !
la musique, doucement…
tromper les oreilles, qui n'ont pas de paupières
douce, la musique ment
la musique prodigue ses mensonges couramment
en toute ininquiétude
la musique est fille du danger
mauvaise fille
fille du public
fille du danger du public […]
Jacques Rebotier in Le dos de la langue (poésie courbe), éd l'arbalète/Gallimard, 2001
Un extrait sonore sur le site de Jacques Rebotier
Un avant-goût avec un extrait de Jacques Rebotier :
LA MUSIQUE ADOUCIT LES SONS
Songes
illusions
tromper les oreilles, qui n'ont pas de paupières
la musique ment
La musique marchande le sable et sème nos illusions
(chanté) mm mm. mm mm.
musique
légitime défonce
drogue rousse
(chanté) la mu-sique a-dou-cit les sons...
il y a bien du plaisir à graindre le mou
la musique mon vieux tu comprends c'est une ascèse une assez longue ascèse une longue ascèse,
une ascèse longue
voulez-vous bien baisser le son, petit insolent !
doucement la musique !
la musique, doucement…
tromper les oreilles, qui n'ont pas de paupières
douce, la musique ment
la musique prodigue ses mensonges couramment
en toute ininquiétude
la musique est fille du danger
mauvaise fille
fille du public
fille du danger du public […]
Jacques Rebotier in Le dos de la langue (poésie courbe), éd l'arbalète/Gallimard, 2001
Un extrait sonore sur le site de Jacques Rebotier
dimanche 20 mai 2007
Mort du rock ?

Exposition au Mac/Val
Hier c'était la nuit des musées. Perchée sur une terrasse, tenant dans ses mains une guitare, Élodie Lesourd, peintre, s'interroge-t-elle sur la mort du rock ?
samedi 19 mai 2007
Mystère de la nuit

"Émouvoir avec la lumière". Pierre Soulages
"Dans ce soir d’accalmie, les vitres éclairées rient comme de faux visages. Des grimaces de joie aux rides de douleur [...]
Sur l’écran du ciel noir, au revers de la nuit, les signes lumineux, en langage secret, tissent le voile détendu de l’interminable mystère."
Pierre Reverdy, Nocturne
vendredi 18 mai 2007
Sur Arte
Cela faisait un moment que mon téléviseur prenait la poussière mais hier, j'ai su qu'Arte diffusait Clean d' Olivier Assayas. Maggie Cheung est une ancienne chanteuse, droguée, dont le mari est mort d'une overdose. Elle doit reconstruire sa vie pour pouvoir récupérer son fils gardé par les grands-parents. Nick Nolte a le rôle du beau-père génereux qui croit que chacun peut changer sa vie. Surprise de trouver également Jeanne Balibar (que je viens de voir dans Ne touchez pas à la hache de Rivette) en directrice artistique méprisante et bourgeoise et Béatrice Dalle en bonne âme charitable.
mardi 15 mai 2007
Limites
Frôlements
Chaque chose est bornée par une ligne nette
qui pourtant reste tangente à quelque autre.
Le tronc est corseté dans son écorce
qui lui fait ressentir les vents les pluies.
Le poisson est blindé dans ses écailles
qui lui laissent entendre le bruit des vagues.
La mer est enfermée dans ses contours
dont elle peut toucher le rivage assoiffé.
Cousue dans une peau de femme et grâce à elle
j’ai le pouvoir de découvrir plaies et caresses.
C’est à la faveur de nos propres limites
que nous dominons notre contact avec le monde.
Et plus nous serons illimités
plus il nous adviendra d’être seuls.
Blaga Dimitrova in revue Europe n°700-701, adapté du bulgare par Jacques Gaucheron

"Les frontières, ça veut dire « ferme les yeux ». Quelqu’un t’a fermé les yeux, a essayé de fermer ton cœur, a essayé de fermer tes sentiments à ce qui t’entoure. C’est cela que signifie la frontière pour moi. »
C'est par ce témoignage que débute le film de Robin Hunzinger,Closing your eyes, que je viens de voir. C'est un film documentaire sur trois villes palestiniennes, un film sur trois formes d’enfermement et d’étouffement : Naplouse, Hébron, Qalqilyah.
On y voit aussi une girafe aux yeux grand ouverts, au regard d’une infinie tristesse... terrible métaphore.
Des extraits sur le site de La Revue des ressources
Chaque chose est bornée par une ligne nette
qui pourtant reste tangente à quelque autre.
Le tronc est corseté dans son écorce
qui lui fait ressentir les vents les pluies.
Le poisson est blindé dans ses écailles
qui lui laissent entendre le bruit des vagues.
La mer est enfermée dans ses contours
dont elle peut toucher le rivage assoiffé.
Cousue dans une peau de femme et grâce à elle
j’ai le pouvoir de découvrir plaies et caresses.
C’est à la faveur de nos propres limites
que nous dominons notre contact avec le monde.
Et plus nous serons illimités
plus il nous adviendra d’être seuls.
Blaga Dimitrova in revue Europe n°700-701, adapté du bulgare par Jacques Gaucheron
"Les frontières, ça veut dire « ferme les yeux ». Quelqu’un t’a fermé les yeux, a essayé de fermer ton cœur, a essayé de fermer tes sentiments à ce qui t’entoure. C’est cela que signifie la frontière pour moi. »
C'est par ce témoignage que débute le film de Robin Hunzinger,Closing your eyes, que je viens de voir. C'est un film documentaire sur trois villes palestiniennes, un film sur trois formes d’enfermement et d’étouffement : Naplouse, Hébron, Qalqilyah.
On y voit aussi une girafe aux yeux grand ouverts, au regard d’une infinie tristesse... terrible métaphore.
Des extraits sur le site de La Revue des ressources
samedi 12 mai 2007
vendredi 11 mai 2007
À la recherche de…
AnaÏs Nin par Inge Morath 1959" On ne perd jamais son temps en faisant des recherches, si cela vous intéresse. Il y a toujours une raison profonde, inconsciente pour laquelle un sujet vous intéresse."
"Si vous vous sentez amer ou déçu, c'est que quelque chose ne va pas en vous-même, et non chez les autres, non dans la vie".
"Écris en pensant à l'œuvre - en essayant toujours de dire les choses le mieux possible - le Comment ! Pas le quoi !"
Henry Miller à Anaïs Nin.
Bon , je crois avoir compris pourquoi je fais ce blog : pour éviter d'avoir des bouts de papier de citations, de pensées, de phrases entendues un peu partout dans ma maison. Je suis très désordonnée, peut-être cela va t-il m'apprendre à avoir un lieu unique pour tout cela.
mardi 8 mai 2007
Grisaille
lundi 7 mai 2007
Anais Nin / Henry Miller

J'ai passé ma journée à lire la correspondance d'Anaïs Nin et Henry Miller. Je n'ai pas fini mais je me sens un peu frustrée ; j'espérais plus de considérations littéraires. Cette correspondance n'a pu être éditée qu'après la mort de Hugo, le mari d'Anaïs Nin. Bon, rien de vraiment nouveau si on a déja lu le journal d'Anaïs Nin et les lettres déjà éditées d'Henry Miller, même tronquées.
dimanche 6 mai 2007
Dimanche
Cette journée va être longue, très longue, trop longue !
Je viens, en plus, de lire le blog de Michel Onfray, je suis très en colère contre lui et sa manière de se laver les mains (tout se vaut !) Non , Michel Onfray, par moment, il faut faire des choix cruciaux et voter contre
Je viens, en plus, de lire le blog de Michel Onfray, je suis très en colère contre lui et sa manière de se laver les mains (tout se vaut !) Non , Michel Onfray, par moment, il faut faire des choix cruciaux et voter contre
samedi 5 mai 2007
Vieira Da Silva
Jean Tardieu
UN MONOLOGUE IMAGINAIRE
"Vieira Da Silva
Il faut perdre toutes les clés
si l'on veut à tire-d'aile
et le sourire aux yeux
entrer partout sans frapper.
Dans les cités frissonnantes
où je cherche un logis d'oiseleur
quand je fuis les ténèbres
et gravis les degrés
du vertige céleste
je regarde j'entends
fenêtres et reflets
flammes et oriflammes
claquer aux quatre vents.
Rayons damiers échafaudages
dressés par la vitesse
au-devant du futur
treillis nombreux du jour lumières dans la nuit
sur les toits pacifiques
bien au-delà de la douleur
du rouge au jaune acide
des bruns au bleus vifs ou pâlis
aux blancs qui se dérobent
la fête des couleurs"
(Paris, février 1988)
jeudi 3 mai 2007
mardi 1 mai 2007
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