Un texte à quatre mains :
Quatre boules de cuir
Tournent dans la lumière
De ton oeil électrique, boxe, boxe
Claude Nougaro
Juste un son strident dans l’obscurité. Puis les musiciens apparaissent sur des chaises aux dossiers très hauts formés d’arabesques. Une référence à Debussy ?
Ambiance rouge et noire. Deux gants de cuir rouge, puis quatre, enfin une multitude émergent d’un ring étroit et ondulent tels des serpents charmés par la musique du Quatuor Debussy.
Des corps agglutinés dans cet espace restreint s’emmêlent. Deux danseurs en sortent : jeux de jambes, reptation, corps à corps.
L’affrontement commence, l’arbitre arrive, gros ventre gonflé et nœud papillon noir. Des rires fusent, beaucoup d’enfants sont dans la salle pour ce spectacle de hip-hop.
Un premier ballon rouge et noir surgit sur la scène, puis d’autres, punching-balls sur lesquels s’entraînent les danseurs sur un morceau de Glenn Miller, Moonlight Serenade. Puis en arrière plan, un autre danseur-boxeur (Mourad Merzouki) cogne sur un sac de sable, coups de pieds et de poings sur la musique répétitive de Philip Glass.
Atmosphère de salle d’entraînement, prétexte à des figures parfois très audacieuses (dont un glissé sur la tête), mélange incongru de musique savante et de danse urbaine.
Les musiciens du Quatuor Debussy, non seulement interprètent ces morceaux musicaux mais participent directement au spectacle par leur présence active sur scène, assis parmi les danseurs ou derrière un rideau rendu transparent par des effets d’éclairage.
La compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki fait preuve dans ce nouveau spectacle d’imagination, de dextérité et de capacité de renouvellement.
Boxe Boxe
Compagnie Käfig
Direction artistique Mourad Merzouki
Pièce chorégraphique avec le Quatuor Debussy
Lucie et Jean P.
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dimanche 17 octobre 2010
vendredi 8 août 2008
Bartabas
volonté d'en découdre
ailleurs par les champs désertés
en devenant le très patient chevalier
toujours armé d'impatience
qui mène ses chimères
et qui s'est baptisé
d'un déboulé barbare
où ça se barre et tabasse
façon Tarass Boulba
pour dire surtout"basta" [...]
Le voyou qui vient
a des rélexes de voyant
des manières de prince à la roulotte
d'hidalgo ombrageux
de rude chef de clan
il croit contre l'usage et l'usure
à l'histoire inversée
à l'insomnie des légendes
aux mythologies actives
aux rites efficaces
au trouble fertile des choses
voire au bon usage de la bestialité
il veut de l'effort pour l'effort
de la noblesse chez les gueux
qui se mettent l'impossible en tête
avant de commencer
par se sortir les tripes
André Velter, Zingaro, suite équestre, suivi de Un piaffer dans l'inconnu, Ed Gallimard, dessins d'Ernest Pignon-Ernest, 2005, extrait p.15, p.19
Une élégance extrême
improvise ses coutumes
C'est un réel jeté
au delà de ses bases
c'est un fantasme pur
qui prend ses éventails
Des éclats de Corée
en parures japonaises
où s'échange un destin
loin de l'histoire ancienne (p.126)
Triptyk
Quel frisson peut rallumer le feu ? La fièvre ? Quelle ferveur peut troubler le désert ? La poussière ? Quel sursaut de sève peut passer sous le ventre d'étranges messagers qui peinent comme des forçats ? Maculés d'huile et de boue ceux-là vont-ils donner semence à ce jour encore sombre ? À cette reptation en mal de renouveau ? À cet éveil du printemps ? (p.151)
Le site d'André Velter
Bartabas, d'autres extraits
Site d'Ernest Pignon-Ernest
ailleurs par les champs désertés
en devenant le très patient chevalier
toujours armé d'impatience
qui mène ses chimères
et qui s'est baptisé
d'un déboulé barbare
où ça se barre et tabasse
façon Tarass Boulba
pour dire surtout"basta" [...]
Le voyou qui vient
a des rélexes de voyant
des manières de prince à la roulotte
d'hidalgo ombrageux
de rude chef de clan
il croit contre l'usage et l'usure
à l'histoire inversée
à l'insomnie des légendes
aux mythologies actives
aux rites efficaces
au trouble fertile des choses
voire au bon usage de la bestialité
il veut de l'effort pour l'effort
de la noblesse chez les gueux
qui se mettent l'impossible en tête
avant de commencer
par se sortir les tripes
André Velter, Zingaro, suite équestre, suivi de Un piaffer dans l'inconnu, Ed Gallimard, dessins d'Ernest Pignon-Ernest, 2005, extrait p.15, p.19
Une élégance extrême
improvise ses coutumes
C'est un réel jeté
au delà de ses bases
c'est un fantasme pur
qui prend ses éventails
Des éclats de Corée
en parures japonaises
où s'échange un destin
loin de l'histoire ancienne (p.126)
Triptyk
Quel frisson peut rallumer le feu ? La fièvre ? Quelle ferveur peut troubler le désert ? La poussière ? Quel sursaut de sève peut passer sous le ventre d'étranges messagers qui peinent comme des forçats ? Maculés d'huile et de boue ceux-là vont-ils donner semence à ce jour encore sombre ? À cette reptation en mal de renouveau ? À cet éveil du printemps ? (p.151)
Le site d'André Velter
Bartabas, d'autres extraits
Site d'Ernest Pignon-Ernest
lundi 18 février 2008
Saburo Teshigawara
Bones in pagesDébut de la soirée, musique tonitruante, assourdissante. Nous étions encore dans un noir absolu ; puis la lumière dévoile une tête : tête en plastique, posée là, immobile ! La scène s'éclaire du côté gauche seulement et on aperçoit sur un mur ce qui semble être des morceaux de bois et qui sont en fait des livres ouverts. La tête est celle de Saburo Teshigawara qui est assis. Il est immobile puis ses mains bougent sur une table qui semble contenir des morceaux de verres brisés. Les mouvements des mains produisent des reflets sur le mur de livres. S.T commence à danser, parfois avec une série de gestes désynchronisés, certaines parties de son corps bougent alors que d'autres restent totalement immobiles. La lumière arrive peu à peu au milieu de la scène et on voit un cube en plastique transparent sur lequel une main bouge . Une main ? Non, la lumière devient plus forte et on s'aperçoit que c'est un corbeau. Là mon intérêt s'est mis à grandir non pas seulement au niveau de la chorégraphie mais également pour l'installation et la mise en scène ). Cet oiseau est resté sur ce cube durant une bonne partie du spectacle. La scène s'est enfin éclairée complètement :
partie gauche et au fond, les étagères de livres, au milieu 2 cubes de verres avec dans chacun une moitié de table et un fauteuil, à droite des objets par terre qui à ce moment là sont pour moi indéfinissables.
S.T continue à danser, prend des livres, les remet, souffle sur les pages, fait voltiger des feuilles de papier. La musique a changé et est devenu plus classique. Il danse au milieu des cubes et là plus aucun son. Un silence absolu qui dure et met certains mal à l'aise (toux, raclements de gorge, etc). Noir absolu. S.T a disparu (mais où ?) et une jeune femme a pris sa place au fond de la scène. Solo de la danseuse qui va disparaître aussi brutalement, puis à droite, un autre danseur est là faisant voltiger ce qui parait à la lumière être des braises répandues par terre et qui sont en réalité ...des chaussures alignées. Un solo très violent, le danseur semble porter un masque sur la figure, tellement ses traits sont figée. Puis S.T prend le relais et finira la danse avec le corbeau sur une main, l'oiseau battant des ailes pour l'accompagner.
La danse est sculpture. Sculpture de l'air, sculpture de l'espace, sculpture du temps...
Supposons un corps, puis un autre. Entre eux, il y a l'air
Ce qu'on voit dans l'air, la plus neuve et pourtant la plus ancienne des
matières,
telle est la question.
Dans cette installation
Livres, chaussures et divers objets
Des choses qui s'évanouissent
D'innombrables, d'invisibles lignes de regards
Des vies évanescentes
Vous, os évanescents
Vous respirez
Les livres respirent au sein des pages
Les livres que vous lisez sont des corps en mouvement
Vos os dansent au sein des pages
Les livres sont soulagés lorsque, du souffle, vous ouvrez les pages
Les pages sont des vies
Des vies silencieuses
Saburo Teshigawara
18 novembre 2005
© photo de Bengt Wanselius
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