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vendredi 8 août 2008

Bartabas

  volonté d'en découdre
 ailleurs par les champs désertés
en devenant le très patient chevalier
 toujours armé d'impatience
  qui mène ses chimères

  et qui s'est baptisé
 d'un déboulé barbare
où ça se barre et tabasse
  façon Tarass Boulba
 pour dire surtout"basta" [...]


 Le voyou qui vient
a des rélexes de voyant
des manières de prince à la roulotte
 d'hidalgo ombrageux
 de rude chef de clan

il croit contre l'usage et l'usure
 à l'histoire inversée
 à l'insomnie des légendes
 aux mythologies actives
 aux rites efficaces
au trouble fertile des choses
voire au bon usage de la bestialité

 il veut de l'effort pour l'effort
 de la noblesse chez les gueux
qui se mettent l'impossible en tête
  avant de commencer
  par se sortir les tripes

André Velter, Zingaro, suite équestre, suivi de Un piaffer dans l'inconnu, Ed Gallimard, dessins d'Ernest Pignon-Ernest, 2005, extrait p.15, p.19



Une élégance extrême
improvise ses coutumes

C'est un réel jeté
au delà de ses bases

c'est un fantasme pur
qui prend ses éventails

Des éclats de Corée
en parures japonaises

où s'échange un destin
loin de l'histoire ancienne (p.126)



Triptyk

Quel frisson peut rallumer le feu ? La fièvre ? Quelle ferveur peut troubler le désert ? La poussière ? Quel sursaut de sève peut passer sous le ventre d'étranges messagers qui peinent comme des forçats ? Maculés d'huile et de boue ceux-là vont-ils donner semence à ce jour encore sombre ? À cette reptation en mal de renouveau ? À cet éveil du printemps ? (p.151)

Le site d'André Velter
Bartabas, d'autres extraits
Site d'Ernest Pignon-Ernest

vendredi 1 juin 2007

Samuel Beckett à Beaubourg

À travers plusieurs espaces :

J'entre dans la salle et entends la voix de Michael Londsdale lire des textes de Samuel Beckett pendant qu'une bouche s'ouvre au fond du couloir.
Beckett a apparemment inspiré beaucoup de peintres contemporains dont on voit des tableaux. Je me souviens de Geneviève Asse (particulièrement du Tryptique lumière, Avigdor Arikha (dont le nom me disait quelque chose mais point les tableaux ; en fait , je me suis souvenue ensuite qu'il était le compagnon d'Anne Atik dont j'avais lu le livre sur Beckett), Jasper Johns, Pierre Aléchinsky, Giuseppe Penone...
Ensuite un espace avec beaucoup de vidéos traitant principalement du théâtre de Beckett dont En attendant Godot, des manuscrits, le sac à main et les ustensiles (brosse à dents, peigne …) de Madeleine Renaud dans Ah les beaux jours (dont le titre est emprunté à un poème de Verlaine), la pièce de théâtre Le dépeupleur que je ne connaissais pas m'a un peu ébranlée. Mais surtout dans une pièce à part, une installation musicale de Jérôme Combier qui s'intitule Noir-gris, associe une lecture de L'impromptu d'Ohio de Beckett à une création pour trio à cordes et deux comédiens.
Je ne me suis pas beaucoup attardée dans la pièce où était explicité la biographie de Beckett.
Je suis par contre restée regarder le Film de Beckett avec Buster Keaton, court-métrage muet, puis l'œuvre Quad pour la télévision : quatre danseurs vêtus d'un manteau à capuche de couleur différente sortent de l'ombre, se déplacent sur un carré en évitant soigneusement un point noir au centre puis retournent dans l'obscurité (cela m'a fait penser à la phrase de Démocrite : "le monde est une salle de spectacle. On entre, on regarde, on sort.")
Une salle est ensuite consacrée à Bram Van Velde, peintre et ami de Beckett.


Citations extraites du livre d'Anne Atik :

"Sam dirigeait ses textes comme une composition musicale dont ses acteurs auraient été l'orchestre".
"Les indications de Pas moi ont été inspirées par la décollation de Saint-Jean-Baptiste du Caravage".
"Racine, qui lui avait tant appris, tout particulièrement dans l'emploi du monologue pour révéler le caractère des personnages".
"Il récitait des tirades de Macbeth, en attirant mon attention sur le pouvoir des consonnes qui créaient l'atmosphère, notamment le "tomorrow, and tomorrow, and tomorrow".

N.B : Un livre de Brigitte le Juez vient de paraître, intitulé "Beckett avant la lettre", éd Grasset. Ce livre est né de la découverte d'un carnet de notes de cours d'une étudiante de Beckett. Ce dernier vivait encore en Irlande et enseignait la littérature moderne. Son programme est très structuré : pour le théâtre Racine, pour le roman Gide. Ecrire pour Beckett, c'est refléter la complexité de l'existence ; La littérature ne doit pas aplanir les angles. Le point commun entre Beckett et Gide est que tous les deux s'attaquent à Balzac. Pour Beckett, Balzac est anti-moderne. Ce qui lui plaît par contre dans Racine est qu'il ne se passe rien, il souligne sa retenue et sa façon d'élaborer des dialogues. Quant à Gide, il lui reproche seulement d'être un peu trop protestant dans son approche.

dimanche 29 avril 2007

Concert de jazz



J'avais pris des places pour écouter Magik Malik. J'ai d'abord râlé lorsque j'ai appris que ce concert était annulé et remplacé par un autre. Après réflexion, c'était le moment de m'ouvrir à des musiques que je ne connaissais pas et il fallait profiter de l'occasion. Je me suis donc trouvée en face de Cyril Benhamou et de son quartet In & Out dans une petite salle surchauffée.
Cyril Benhamou est un compositeur et pianiste marseillais. Il était accompagné de Stephan Caracci au vibraphone, de Simon Tailleu à la contrebasse, de Cédric Bec à la batterie. Cela m'a fait parfois penser à Herbie Hancock (Pourquoi ? Aucune idée, une sensation seulement). C'était agréable, il y a des morceaux que j'ai appréciés (un titre particulièrement : MC), d'autres qui manquaient de surprise.