samedi 30 octobre 2010

Le feu follet

Photo de Rigaut par Man Ray



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Jacques Rigaut a eu trois grandes passions : le suicide, la drogue et les femmes riches. Dandy dada, ce poète météore (1899-1929) a inspiré "Le feu follet", livre de Drieu la Rochelle, film de Louis Malle.

Le blog de Jean-Luc Bitton sur Jacques Rigaut



Louis Malle sur Arte

dimanche 24 octobre 2010

Glaner



"Le moqueur est un merle du temps des cerises et le mot cœur un gros muscle gymnaste dans toutes les langues
Mes amis poètes me disent attention au mot cœur il ne passe pas partout comme rossignol -
Mes amis poètes pensent du moqueur la même chose que les linguistes du mot mot
Je leur donne raison sur toute la ligne
Que je franchis sur ce merle merle"

Valérie Rouzeau, Quand je me deux, Ed. Le temps qu'il fait, 2009

Lire aussi ici

jeudi 21 octobre 2010

"Alors le soleil regarda par-dessus l'épaule du monde"



"C'était au temps du cinéma muet"

Didier Blonde nous invite à une rêverie cinéphile sur les films muets. Il assure que le cinéma muet permet de rêver beaucoup plus que le parlant car il n'y a que des sous-entendus. Est-ce pour cela qu'Henri Langlois amputait les films muets de leurs cartons rendant ainsi les films incompréhensibles ?
Le muet serait un antidote au bavardage universel.

"Projetés sur l'écran, les mots deviennent des images, ils bougent pour mieux parler. On les fait voir pour les entendre chacun dans son registre. On parle en italique, on crie en majuscule" (p.111)

"On me demande souvent pourquoi je m'intéresse tellement au cinéma muet. Je n'ai pas l'excuse d'être un chercheur ou un apprenti cinéaste [...] Ai-je été un enfant mutique ? Est-ce par nostalgie que je me complais dans ce monde de la sensation pure ? J'essaie de me souvenir. J'étais plutôt un enfant silencieux, solitaire, méfiant à l'égard de la parole. Elle m'embarrassait. Je n'y voyais que des pièges, quelque chose de compliqué, incertain sur le déroulement de mes phrases césurées de points de suspension et dont je croyais ne jamais venir à bout, restant en équilibre instable sur les mots qui, à tout moment, risquaient de se dérober. Dans une conversation, il me suffisait d'avoir écouté les autres pour croire que j'avais parlé. Je gardais ce silence prudent qui passe parfois, avantageusement, pour un signe d'intelligence." (p.86)

J'ai aussi appris l'existence des bonimenteurs en France ou benshis au Japon. Ce métier disparut à l'arrivée des films parlants et le frère d'Akira Kurosawa qui était un chef-benshi se suicida.
Didier Blonde s'intéresse également à un acteur du muet oublié : Ivan Mosjoukine, la plus grande star du cinéma des années vingt. Celui, dont Romain Gary pensait être le fils naturel !
En faisant quelques recherches, j'ai trouvé un blog très intéressant sur des vieux films. On y trouve ceux évoqués par Didier Blonde comme Le Mystère des roches de Kador

Didier Blonde, Les fantômes du muet, Ed Gallimard, coll. L'un et l'autre

dimanche 17 octobre 2010

Boxe, Boxe

Un texte à quatre mains :


Quatre boules de cuir
Tournent dans la lumière
De ton oeil électrique, boxe, boxe


Claude Nougaro


Juste un son strident dans l’obscurité. Puis les musiciens apparaissent sur des chaises aux dossiers très hauts formés d’arabesques. Une référence à Debussy ?
Ambiance rouge et noire. Deux gants de cuir rouge, puis quatre, enfin une multitude émergent d’un ring étroit et ondulent tels des serpents charmés par la musique du Quatuor Debussy.
Des corps agglutinés dans cet espace restreint s’emmêlent. Deux danseurs en sortent : jeux de jambes, reptation, corps à corps.
L’affrontement commence, l’arbitre arrive, gros ventre gonflé et nœud papillon noir. Des rires fusent, beaucoup d’enfants sont dans la salle pour ce spectacle de hip-hop.
Un premier ballon rouge et noir surgit sur la scène, puis d’autres, punching-balls sur lesquels s’entraînent les danseurs sur un morceau de Glenn Miller, Moonlight Serenade. Puis en arrière plan, un autre danseur-boxeur (Mourad Merzouki) cogne sur un sac de sable, coups de pieds et de poings sur la musique répétitive de Philip Glass.
Atmosphère de salle d’entraînement, prétexte à des figures parfois très audacieuses (dont un glissé sur la tête), mélange incongru de musique savante et de danse urbaine.
Les musiciens du Quatuor Debussy, non seulement interprètent ces morceaux musicaux mais participent directement au spectacle par leur présence active sur scène, assis parmi les danseurs ou derrière un rideau rendu transparent par des effets d’éclairage.
La compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki fait preuve dans ce nouveau spectacle d’imagination, de dextérité et de capacité de renouvellement.

Boxe Boxe
Compagnie Käfig
Direction artistique Mourad Merzouki
Pièce chorégraphique avec le Quatuor Debussy

Lucie et Jean P.



vendredi 15 octobre 2010

L'âpreté de la vie

© Jiri Kolar

"Et d'abord je ne m'inquiète de l'avis de personne lorsque je gratte mes grattements : si le papier est assez lisse et l'encre assez coulante, j'écris. Le monde va et les nuages caracolent, encore un peu de givre à la presque-mai ; quelques tulipes jaunes me font du jaune dans la tête. Alors je voudrais bavarder comme bavardent les tulipes : muettement;" (p.9)

"J'écris ce livre parce que je ne sais plus écrire. J'écris ce livre pour réapprendre à écrire. Je dois écrire ce livre pour être capable de nouveau, un jour peut-être, d'écrire. Ce livre n'est pas un livre. J'écris ce livre comme si c'était un livre. J'écris ce livre parce ce que je ne suis plus capable de rien d'autre. Je voudrais, un jour, être capable d'écrire. [...] (p.33)

"Qu'ai-je su d'elle, qu'a-t-elle su de moi ? Je ne le saurai jamais" (p.207)

« Le taiseux fait mots de toute part. Ne parle pas mais écrit. Parce qu'il y a la mort, j'écris la vie. Parce qu'il y a la femme morte, j'écris l'amour de la femme. Je dis des choses simples, simplement. Je dis et je redis faire l'amour. Pas insatisfait, mais inassouvi. Faut pas me compter parmi les gens normaux ». (p.220)

Jiri Kolar avait un jour dit à Ludovik Vaculik : "si tu n'arrives plus à écrire, alors écris ce qui t'empêche d'écrire"

Lambert Schlechter, Le silence inutile- Pieds de mouche 2, Editions Phi, 1992

Vous pouvez écouter également ici, un extrait d'un autre livre de Lambert Schlechter

Cette phrase me revient tout à coup : "il ne faut pas laisser la mort grignoter le vivant", phrase prononcée par Claude Chabrol à Isabelle Huppert mais est-ce possible ?

jeudi 14 octobre 2010

La chevelure

La chevelure from Frequence 1901 on Vimeo.

Film de Maud Alessandrini d'après La Chevelure de Baudelaire

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Baudelaire, Les Fleurs du Mal



©Alice Anderson- Rapunzel




© Bobi Bobi

mardi 12 octobre 2010

Créer, c'est résister. Résister, c'est créer.


Créer c'est résister, Résister c'est créer !

Combien de fois vais-je devoir mettre cette vidéo ?

‎Annonce d'une plainte contre Stéphane Hessel, pour "antisémitisme" ! (source Médiapart)

mercredi 6 octobre 2010

Lettres sur la botanique par Jean-Jacques Rousseau

Lettres élémentaires sur la botanique à Madame Delessert par Jean-Jacques Rousseau sur Gallica