Comme une prise sur l’éphémèreEn ce temps là je n’avais de regard
qu’absent de moi-même mon corps
verrouillé du dedans
au-dehors mes chemins rétrécis
jusqu’à ne plus être
je traçais l’erratique
mouvement de la chair
éprise du sombre comme du silence
je marchais au bord de moi
conjuguant l’exil et la fuite
à même ce qui restait
dans les muscles
un fragment de geste
sachant bien la préhension
d’une ombre
qui ne m’appartient pas
tout ce qu’est ma vie tu sais
ce froid qui s’immisce
pour sans cesse y inscrire la fin
Hélène Dorion,
La vie, ses fragiles passages, Ed Le dé bleu, 1990, p.17