MOT-MACUMBA
le mot est père des saints
le mot est mère des saints
avec le mot couresse on peut traverser un fleuve
peuplé de caïmans
il m’arrive de dessiner un mot sur le sol
avec un mot frais on peut traverser le désert
d’une journée
il y a des mots bâton-de-nage pour écarter les squales
il y a des mots iguanes
il y a des mots subtils ce sont des mots phasmes
il y a des mots d’ombre avec des réveils en colère
d’étincelles
il y a des mots Shango
il m’arrive de nager de ruse sur le dos d’un mot dauphin
Aimé Césaire , extrait de "Moi, laminaire..."
mercredi 16 septembre 2009
vendredi 4 septembre 2009
Attila Jozsef
Je n’ai ni père, ni mère,
ni berceau, ni suaire,
ni dieu, ni patrie,
ni baiser, ni bonne amie.
Trois jours que je mange
ni plus ni moins qu’un ange.
Le pouvoir de mes vingt ans –
et mes vingt ans, je les vends.
Si personne ne l’accepte,
le diable en personne l’achète.
A cœur pur je force des portes,
s’il le faut, c’est la mort que j’apporte.
On m’arrête et on me pend,
En terre bénie on m’étend,
Et des herbes de mort maléfiques
Poussent sur mon cœur magnifique.
Attila Jozsef, À cœur pur
ni berceau, ni suaire,
ni dieu, ni patrie,
ni baiser, ni bonne amie.
Trois jours que je mange
ni plus ni moins qu’un ange.
Le pouvoir de mes vingt ans –
et mes vingt ans, je les vends.
Si personne ne l’accepte,
le diable en personne l’achète.
A cœur pur je force des portes,
s’il le faut, c’est la mort que j’apporte.
On m’arrête et on me pend,
En terre bénie on m’étend,
Et des herbes de mort maléfiques
Poussent sur mon cœur magnifique.
Attila Jozsef, À cœur pur
jeudi 3 septembre 2009
Elle et moi, on a du pain sur la terre :
le soleil n’est pas tout à fait d’équerre.
On est tout le fourniment de nos corps
et la peau qui prend. On entend quand tombent,
dans les nuits des presque voisins, les bombes
à mourir d’effondrement du décor,
à Cana par exemple, en Érythrée
aussi, en diverses autres contrées.
On est toujours nos corps, nos désirs
parfois brutaux et compliqués. Au pire,
on les muselle très étroit, on tire
sur le mors à fond. On voudrait partir
faire les bars de nuit pour la musique,
pour cette lucidité chaotique
à fleur d’ivresse, pour les inconnus
un moment à découvert. Aveux rouges,
la joue contre la nuit. Terre qui bouge
comme une mer plutôt mauvaise [...]
Philippe Longchamp, Soleil pas d’équerre, Cheyne éditeur, extrait
le soleil n’est pas tout à fait d’équerre.
On est tout le fourniment de nos corps
et la peau qui prend. On entend quand tombent,
dans les nuits des presque voisins, les bombes
à mourir d’effondrement du décor,
à Cana par exemple, en Érythrée
aussi, en diverses autres contrées.
On est toujours nos corps, nos désirs
parfois brutaux et compliqués. Au pire,
on les muselle très étroit, on tire
sur le mors à fond. On voudrait partir
faire les bars de nuit pour la musique,
pour cette lucidité chaotique
à fleur d’ivresse, pour les inconnus
un moment à découvert. Aveux rouges,
la joue contre la nuit. Terre qui bouge
comme une mer plutôt mauvaise [...]
Philippe Longchamp, Soleil pas d’équerre, Cheyne éditeur, extrait
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