mercredi 12 novembre 2008

La vagabonde

J'ai retrouvé ces fragments de notes après avoir visité l'exposition en 2006, d'Agnès Varda, d'île en elle à la fondation Cartier.


La vagabonde. Non, ce n'est pas Colette.
Ce titre est celui d'Alain Veinstein pour l'émission consacrée à Agnès Varda lors de son exposition à la Fondation Cartier.
L'île, c'est Noirmoutier. Dans Noirmoutier, il y a noir (les veuves) mais il y a aussi des couleurs (Ping Pong Tong et Camping. On trouve cette dualité dans l'exposition : une humeur estivale, joyeuse et une inspiration douloureuse, une île isolée, coupée du reste. Avec une dizaine d'installations, on peut imaginer la réalité de cette île.
C'est une nouvelle manière de s'exprimer pour Agnès Varda qui a plutôt un sac à dos de vidéaste que d'artiste plasticienne.

Ping Pong Tong et Camping, le titre avait été inventé avant de tourner. Bernard Lubat a accepté que ses mains soient filmées à Uzeste et de jouer sur sa table des rythmes de jazz. Mixage de sons dans cette installation. C'est la célébration de la violence des couleurs du plastique en été, le côté kitsch des choses. Ce sont des taches de lumière qui dansent. On sent le temps qui passe par la couleur qui change.

La cabane de l'échec est fait de pellicules de films. Des copies d'un film qui traînaient, elle a bâtit une structure de cabane. On est ainsi à l'intérieur du cinéma. On peut même s'asseoir sur des bobines de film. Il y a une table de montage à côté de la cabane de l'échec.

Le tombeau, tumulus de la chatte. La musique est de Steve Reich et l'animation est faite de coquillages et de fleurs. Cette musique répétitive dit Agnès Varda, est comme la vie quand on radote. Tombeau de la chatte puis éloignement et on voit l'île.

Le triptype de Noirmoutier : 3 personnages sont dans une cuisine (ils font penser à Vermeer ou Hooper). Ils sont silencieux. On voit le personnage sortir et on ne sait pas où il va. C'est une histoire sans paroles qui dure 10 mn. On sent une tension dans le trio, ils ne se regardent pas, ne parlent pas.

Prévert : "Je vois les choses qui sont derrière les choses. Un tableau avec un dispositif de boutons. On voit une carte se déplier. Une vidéo représentant un marin pêcheur qui se noie. Un oiseau mazouté.

Dispositif des veuves : écran avec une image centrale de veuves qui tournent autour d'une table. 14 petits écrans font un cadre au grand où des veuves s'expriment dans ses vidéos. Il faut s'asseoir sur une des 14 chaises pour entendre dans un casque une des veuves qui racontent comment elle vit ce veuvage. Cela ressemble à un jeu de chaises musicales. Il faut traverser la parole des veuves. Chaque cas est différent et sur l'une des chaises, on voit Agnès Varda.

Le gué : on il y a un rideau de bouchon pour représenter les balises. On traverse l'image comme dans le film de Woody Allen dans "la Rose pourpre du Caire".

Il y a aussi 30 portraits dans une autre cabane : d'un côté des portraits de femme et en face des portraits d'homme avec sur le côté la vidéo d'une moule et la vidéo d'un phare.
Pour Agnès Varda, les choses sont offertes mais pas données. Il faut que chacun trouve un clin d'œil, une émotion mais surtout pas de l'indifférence. Les gens doivent sortir nourris d'une exposition.

4 commentaires:

ptilou a dit…

Les gens doivent sortir nourris d'une exposition.

Tout à fait cela !

Amaryllis a dit…

Oui se nourrir d'émotions, de sensations et repartir avec des idées plein la tête.

cathe a dit…

Je me souviens de ce magnifique documentaire vu sur Arte :-)

(note : pour Lubat, ce n'est pas Uzès mais Uzeste... ;-)) )

Amaryllis a dit…

Exact Cathe, je corrige