mercredi 27 août 2008

Zeno Bianu

Un point
un seul point
que tu cherches
sans relâche
le point de la nuit
le point de la vie
un point
un seul point
ouvert dans le ciel
le commencement du commencement
le point ardent
irrémédiable
grand temps
il est grand temps
de revenir à ce point
grand temps
entre la rouille et la soie
de retrouver une brèche
toujours plus aiguë
un point
pour ponctuer le monde
au plus juste
au plus chaviré
point-foyer
point porteur de tout
point
d’un retour à tout
pour fuser dans le vrai
ricocher dans l’immense
grand temps
il est grand temps
de rassembler l’éparpillement
de mettre sa peau sur la table
grand temps
de terrasser toutes les idoles
de pénétrer l’invisible
d’inspirer jusqu’au ventre du ciel
c’est le point
de la qualité pure des choses
le tiret
d’Emily Dickinson
griffant l’illimité
c’est le point
des marques d’ongles éperdues
derrière chaque syllabe
un point
pour tenir le monde
pour tanguer encore et toujours
quand la nuit s’effondre
un point
avec cette force d’enfance
oui
comme un poids
d’enfance
dans la poitrine
cette force enfin désenfouie
c’est le point
le seul point
irradiant
point-source
sans repère
sans attache
point d’abandon
soleil de souffle
qui mord l’infini


Zéno Bianu, La Troisième Rive (extraits),Ed Fata Morgana

1 commentaire:

ailleurs a dit…

un point c'est tout, un point c'est toi ... :)