mardi 3 juin 2008

La nudité de la vie

LES VOITURES PASSENT

"Les voitures passent, qui font trembler la maison,
La maison où je suis seule.
Les choses ont déjà été vécues depuis longtemps ;
Il y a dans l’air des espaces défunts
La forme gravée dans le vide
Des voix et des gestes qui jadis étaient là.
Et mes mains ne peuvent rien saisir.
Pourtant je regarde la nuit
Et j’ai besoin de chaque feuille.
Roule, fais tourner ta vie dans les airs,
Loin de moi...
Même pour souffrir ce tourment de ne pas être,
J’ai besoin d’être seule.
Plutôt la solitude des départs éternels
Des projets et des questions,
Des combats avec le poids
Inextinguible des morts et des lamentations.
Plutôt la solitude parce qu’elle est complète.
Je crois à la nudité de ma vie [...]"

Sophia De Mello Breyner Andresen, La Nudité de la vie, Ed. L’Escampette, extrait p. 29.

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2 commentaires:

Gilles a dit…

L'arbre... par-dessus le toit... si bleu... si calme... l'oiseau... dans le ciel qu'on voit... qu'as-tu fait, toi que voilà... dis, qu'as-tu fait... de ta jeunesse ?
cordialement.
Gilles

Amaryllis a dit…

Bienvenu, Gilles