vendredi 1 juin 2007

Samuel Beckett à Beaubourg

À travers plusieurs espaces :

J'entre dans la salle et entends la voix de Michael Londsdale lire des textes de Samuel Beckett pendant qu'une bouche s'ouvre au fond du couloir.
Beckett a apparemment inspiré beaucoup de peintres contemporains dont on voit des tableaux. Je me souviens de Geneviève Asse (particulièrement du Tryptique lumière, Avigdor Arikha (dont le nom me disait quelque chose mais point les tableaux ; en fait , je me suis souvenue ensuite qu'il était le compagnon d'Anne Atik dont j'avais lu le livre sur Beckett), Jasper Johns, Pierre Aléchinsky, Giuseppe Penone...
Ensuite un espace avec beaucoup de vidéos traitant principalement du théâtre de Beckett dont En attendant Godot, des manuscrits, le sac à main et les ustensiles (brosse à dents, peigne …) de Madeleine Renaud dans Ah les beaux jours (dont le titre est emprunté à un poème de Verlaine), la pièce de théâtre Le dépeupleur que je ne connaissais pas m'a un peu ébranlée. Mais surtout dans une pièce à part, une installation musicale de Jérôme Combier qui s'intitule Noir-gris, associe une lecture de L'impromptu d'Ohio de Beckett à une création pour trio à cordes et deux comédiens.
Je ne me suis pas beaucoup attardée dans la pièce où était explicité la biographie de Beckett.
Je suis par contre restée regarder le Film de Beckett avec Buster Keaton, court-métrage muet, puis l'œuvre Quad pour la télévision : quatre danseurs vêtus d'un manteau à capuche de couleur différente sortent de l'ombre, se déplacent sur un carré en évitant soigneusement un point noir au centre puis retournent dans l'obscurité (cela m'a fait penser à la phrase de Démocrite : "le monde est une salle de spectacle. On entre, on regarde, on sort.")
Une salle est ensuite consacrée à Bram Van Velde, peintre et ami de Beckett.


Citations extraites du livre d'Anne Atik :

"Sam dirigeait ses textes comme une composition musicale dont ses acteurs auraient été l'orchestre".
"Les indications de Pas moi ont été inspirées par la décollation de Saint-Jean-Baptiste du Caravage".
"Racine, qui lui avait tant appris, tout particulièrement dans l'emploi du monologue pour révéler le caractère des personnages".
"Il récitait des tirades de Macbeth, en attirant mon attention sur le pouvoir des consonnes qui créaient l'atmosphère, notamment le "tomorrow, and tomorrow, and tomorrow".

N.B : Un livre de Brigitte le Juez vient de paraître, intitulé "Beckett avant la lettre", éd Grasset. Ce livre est né de la découverte d'un carnet de notes de cours d'une étudiante de Beckett. Ce dernier vivait encore en Irlande et enseignait la littérature moderne. Son programme est très structuré : pour le théâtre Racine, pour le roman Gide. Ecrire pour Beckett, c'est refléter la complexité de l'existence ; La littérature ne doit pas aplanir les angles. Le point commun entre Beckett et Gide est que tous les deux s'attaquent à Balzac. Pour Beckett, Balzac est anti-moderne. Ce qui lui plaît par contre dans Racine est qu'il ne se passe rien, il souligne sa retenue et sa façon d'élaborer des dialogues. Quant à Gide, il lui reproche seulement d'être un peu trop protestant dans son approche.

3 commentaires:

Eric a dit…

Merci pour Beckett

Amaryllis a dit…

Eric, il te reste jusqu'au 23 juin pour aller voir l'exposition.

rotko a dit…

Marie Cosnay parle de bram van velde dans "villa chagrin", c'est d'ailleurs le principal mérite de son livre à mes yeux.

J'ai vu l'exposition Beckett, sans être séduit.